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185 ans d’élections au Canada
par Maurice Y. Michaud (il/lui)
Bien que les Canadien·ne·s soient souvent accusé·e·s d’être hautain·e·s lorsque lels se comparent à leurs voisins du sud, il est indiscutable après un examen de l’état actuel de la politique aux États-Unis que la rose qui se présente comme « le phare de la démocratie » est fanée. Quoique nous aussi assistions à une polarisation plus nette au sein de l’électorat, au moins nous n’avons pas à faire face à des failles systémiques qui nous rendraient vulnérables à des manigances comme le gerrymandering décomplexé, comme c’est le cas là-bas. Ainsi, à chaque fois que nous sommes appelé·e·s aux urnes, nous devrions célébrer et remercier le fait que nous avons quelque chose que beaucoup de gens dans le monde mourraient pour avoir !
Le tableau ci-bas indique, par juridiction, l’année de l’évènement enregistré le plus ancien et le plus récent ainsi que le numéro de l’assemblée la plus ancienne et actuelle (ou de la dernière dans le cas des anciens Territoires du Nord-Ouest ou de la Province du Canada).
- Rappelez-vous que pour toutes les élections générales (Elec), il y a une course individuelle dans chaque comté et que plusieurs courses pourraient avoir eu lieu en élection partielle.
- De plus, ce tableau fait la distinction entre le nombre absolu de courses (N) et le nombre de courses réelles (n) en soustrayant du premier le nombre de courses gagnées sans opposition (Accl.).
- La structure est en place pour permettre, à terme, la saisie des résultats des élections dans la province du Canada (1841–1867). Pour l’instant, la plupart des données sont manquantes, et il est fort possible qu’elles ne soient jamais retrouvées. Toutefois, l’inclusion de la Province du Canada dans PoliCan a pour but de fournir une archive facile à consulter recensant tous ces hommes qui se sont présentés en élection et ont été élus à cette assemblée législative, et de montrer que les élus à l’époque de la Confédération ne sont pas sortis de nulle part.
De même, cela permet d’identifier lesquels ont poursuivi leur carrière (ou ont été permis de la poursuivre) suite aux Rébellions de 1837–1838.
- Si l’on inclut les courses de la Province du Canada, on dénombre actuellement 860 courses pour lesquelles des données sont manquantes, sur un total de 41,093. Cela correspond à un taux de complétion de 97.91%. Toutefois, si l’on exclut les 1,037 courses de la Province du Canada, ramenant ainsi le nombre de courses à 40,056, le nombre avec des données manquantes tombe à seulement 58, la grande majorité (42) provenant de l’Île-du-Prince-Édouard. Ainsi, selon cette mesure plus réaliste compte tenu de la faible probabilité d’obtenir les données pour la Province du Canada, le taux de complétion grimpe à 99.86%.
- Les élections partielles ministérielles (Minis.) sont un sous-groupe (17.99% des partielles). Dans le système parlementaire Westminster tel qu’il était pratiqué dans la plupart des juridictions au Canada jusqu’aux années 1930, une personne qui était nommée au cabinet pour la première fois devait démissionner de son siège et se présenter à une telle élection peu de temps après. Bon nombre de ces élections ont été remportées sans opposition, et il était très rare qu’un nouveau ministre ne regagne pas son siège même s’il était opposé... sauf à Terre-Neuve avant la Confédération, où c’était un véritable pari.
- Les référendums ne sont jamais sans opposition car ils sont par définition des questions (Q) offrant le choix entre au moins deux options.
Bref, PoliCan contient plus de 3 000 « élections » depuis 1841, et plus de 41 000 « courses » individuelles. Bien que la Confédération n’ait commencé qu’en 1867, les élections générales de 1865 au Nouveau-Brunswick sont largement considérées aujourd’hui comme les premières de l’ère de la Confédération, le gouvernement élu cette année-là étant explicitement opposé à celle-ci. Cependant, en avril 1866, dans sa réponse au discours du Trône, le Conseil législatif — l’équivalent colonial du Sénat — a passé outre cette position, provoquant la démission du gouvernement et la tenue de nouvelles élections générales le mois suivant. Pour leur part, les trois autres nouvelles provinces ont chacune tenu des générales en 1867. De même, les générales de 1873 à l’Île-du-Prince-Édouard ont eu lieu quelques mois avant son adhésion officielle à la Confédération. Et même si Terre-Neuve n’a rejoint la Confédération qu’en 1949, elle l’a sérieusement envisagée dans les années 1860 et après chacune de ses nombreuses crises économiques jusqu’à la formation de la Commission de gouvernement en 1934, donc ses élections depuis son premier gouvernement responsable en 1855 sont comprises.
Vous pouvez commencer à explorer les résultats électoraux détaillés dès maintenant !
Cliquer sur le nom de n’importe quelle juridiction sur cette carte ouvrira une fenêtre contextuelle vous y conduisant.
Quant aux données manquantes...
- Il y a peu d’espoir de trouver un jour les données manquantes pour élections partielles à l’Île-du-Prince-Édouard. Dans la plus petite juridiction provinciale, Élections Île-du-Prince-Édouard a les pratiques de tenue de dossiers les plus incomplètes et chaotiques. Ils produisent de beaux rapports statistiques qui échouent à donner (ou rendent difficiles à trouver) les points de données cruciaux, comme les nombres d’électeurs éligibles et de votes rejetés, à moins qu’ils cachent ça dans un coffre secret (ce que je doute)... Pendant plus de 200 ans, les circonscriptions n’étaient que des tranches numérotées des trois comtés, chacun ayant cinq circonscriptions à deux membres (par exemple Kings / Prince / Queens 1ère, 2e, 3e...), avec Queens obtenant une sixième circonscription à deux membres pour Charlottetown à partir de 1966.
Malgré le passage à 27 circonscriptions uninominales nommées en 1996, l’Île-du-Prince-Édouard persiste à penser en termes de circonscriptions numérotées, par exemple : « Voici les résultats de l’élection partielle dans le district 16 » au lieu de « Voici les résultats de
l’élection partielle dans Cornwall—Meadowbank ». Et pour les élections générales de 1966 à 1993, la somme des énuméré·e·s dans chaque comté est supérieure à la population de la province à l’époque ! Alors, disons simplement que c’est un défi de trouver, d’interpréter et de saisir les résultats électoraux d’une province qui a une population plus petite que la
Ville de Sherbrooke ou 29 autres villes canadiennes !
- D’autre part, la plus grande juridiction provinciale, l’Ontario, possède l’un des ensembles de données en ligne les plus complets fournis par Élections Ontario, mais les détails des partielles d’avant 1987 ont été très difficiles à obtenir. Avec l’espoir naïf que donner un peu recevrait la pareille, PoliCan a respectueusement soumis à Élections Ontario en mars 2021 une liste de 180 erreurs trouvées dans leur application « Explorateur de données », espérant qu’en échange, ils songeraient à y ajouter les partielles pour lesquelles les résultats manquaient. Ils ont refusé et, en plus, à la fin-décembre 2022, 166 des 180 erreurs demeuraient. Ainsi, à l’été 2026, grâce à beaucoup de ténacité et de détermination, le nombre de courses ontariennes pour lesquelles il manque des données à été reduit à seulement 5 dans PoliCan.
- La décentralisation de la tenue des registres électoraux au XIXe jusqu’au début du XXe siècle, combinée à l’instabilité politique exacerbée par le sectarisme marquant cette période, font qu’il est peu probable que les résultats de la Province du Canada et de Terre-Neuve avant la Confédération puissent être rendus plus complets qu’ils ne le sont déjà dans PoliCan.
Néanmoins, nulle part ailleurs qu’à PoliCan vous ne trouverez 99.86% des résultats de scrutins vérifiés tenus au Canada depuis 1867, dans un format standardisé et facilement consultable, et avec autant de liens vers plus de détails sur les personnes qui se sont présentées en élection.
© 2005, 2026 :: PoliCan.ca (
Maurice Y. Michaud)
Pub.: 23 déc 2021 10:07
HE
Rev.: 8 aoû 2026 21:03
HE (données présentées dynamiquement)